Exposition individuelle au Studio Sledge, Colombes, 2017

Texte d' Ana Paula Penchaszadeh et photos de Jean-Claude Planchet


Ba, ba, ba. Bar-bar-bar, bar-barie.
L’Autre arrive.
Mots qui résonnent ne pouvant exprimer la déchirure que suppose l’absence de l’Autre là-bas et sa présence ici.
L’Autre arrive, est arrivé et continuera à arriver de toutes manières.
L’espace s’ouvre, se fragmente, est hospitalier dans son devenir – “à venir” temporel. Beatriz Guzmán Catena "donne lieu", loge ce désordre spatial, spectralisant chaque scène. Exprime le monde en tant que "passage": nous comme autres dans le futur des espaces; autres qui ne sont plus et qui ont laissé notre présent habité; autres nouveaux arrivants dont les corps inertes reposent sur des toiles lumineuses qui n’augurent rien de bon puisqu’il n’y a plus de splendeur dans ces accueils; autres à venir sur lesquels des nouveaux murs et frontières se projettent. Inutiles aujourd’hui et qui ne serviront à rien.

Ba, Ba, ba,
Bahía Blanca, Baires, Banlieue, "strates d’espace" qui s’amoncellent les unes sur les autres pour être espace d’accueil et bio-chromie (non pas bio-graphie puisque les mots ne suffisent pas).
L’inéluctable hospitalité se manifeste dans les grandes toiles et dans d’autres, plus petites et dorées, qui seront peut-être dérobées à la dernière minute par Beatriz. Pour qu’on ne se rende pas compte que le "dorée" réfractaire loge aujourd’hui pour rejeter demain, déformant de ce fait “notre” image dans le miroir doré où glisse l’Autre et, avec lui, toute notre civilisation devenue barbarie.